Une appli pour sauver des vies en cas d’arrêt cardiaque

Publié le 28/05/2021
Mis à jour le 28/05/2021
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Lancée en Moselle en octobre 2018, l'application mobile "AFPR - Premiers répondants" arrive dans la Marne.
Une convention a en effet été signée, mercredi 26 mai à Châlons-en-Champagne, entre le Département et l’Association française de premiers répondants (AFPR), ainsi qu’avec tous les acteurs de santé qui agissent au niveau local (ARS Grand-Est, Région Grand-Est, Préfecture de la Marne, CHU de Reims, SDIS 51).

 

 

Gratuite, exempte de publicités et conforme aux normes RGPD, cette appli, conçue par l’entreprise française You Care Now (YCN), vise à mettre en relation secouristes et services de secours en cas d’arrêt cardiaque pour sauver plus de vies.

 

Le principe ? "Lorsque les services de secours reçoivent un appel d'urgence pour un malaise cardiaque, ils dépêchent sur place les pompiers ou le Samu. En parallèle, via cette appli, ils envoient une alerte sur le smartphone des Premiers répondants, inscrits sur la plateforme et formés aux gestes de premiers secours, qui sont géolocalisés à proximité du lieu de l’incident. Dans un rayon de 300 m en zone très urbaine, 500 m en zone urbaine et 1 km en zone rurale. Ces personnes peuvent alors se rendre rapidement sur place et prodiguer les gestes de premiers secours avant l'arrivée des professionnels de santé", explique Frédéric Leybold, président de l’association et infirmier en réanimation dans un hôpital luxembourgeois.

 

 

L’association peut compter à ce jour sur un réseau de 2.200 Premiers répondants, qui ont participé à plus de 450 interventions en Moselle et dans les Vosges.
Si elle est encore majoritairement utilisée par des personnes issues du milieu de la santé (infirmiers, médecins, sapeurs-pompiers…), l’association aimerait ouvrir davantage l’appli à la population formée aux gestes de premiers secours, notamment dans le milieu associatif ou celui des collectivités locales maillant le territoire. "Nous travaillons d’ailleurs avec les associations de sécurité civile agrées pour organiser des journées de formation ou des rappels de formation à nos Premiers répondants", précise Frédéric Leybold. "L’objectif est de former des gens partout, dans les villes mais aussi dans les secteurs ruraux, où les services de secours mettent plus de temps à intervenir."

 

L’origine du projet

 

En 2015, un véhicule de sapeurs-pompiers passe sous la fenêtre de Frédéric Leybold, puis s’arrête chez l’une de ses voisines. Il apprend par la suite que celle-ci a été victime d’un arrêt cardiaque. En tant qu’infirmier et moniteur de secourisme, il se dit alors qu’il aurait pu lui apporter son aide en attendant les services de secours.

 

"D’autant qu’en cas d’arrêt cardiaque, chaque minute compte, signale le président de l’association. Il faut savoir qu’en France, le taux de survie à un arrêt cardiaque avoisinne les 8 %. Il est quatre ou cinq fois plus élevé dans les pays qui ont mis en place le système des Premiers répondants et où les lieux publics sont équipés en défibrillateurs automatisés externes."

 

Car ce dispositif, First responders, est déjà instauré dans d’autres pays (Suisse, Luxembourg et Canada notamment). Le concept varie légèrement d’un pays à l’autre, mais l’idée reste la même : une personne formée aux gestes de premiers secours peut intervenir auprès de tout public en situation d’urgence dans l’attente des services de secours.
Ainsi est donc née l’idée de développer un tel réseau sur le territoire mosellan, vosgien et maintenant marnais.